À l'ombre des oliviers

Qualité de l'interprétation du personnage (RP) Allant de 1 à 5 :
  • 1 : Interprète très mal son personnage, en contradiction avec son alignement, etc...
  • 2 : Interprète assez mal son personnage, (vague omniscience, utilisation d'informations hrp)
  • 3 : Interprète correctement son personnage.
  • 4 : Interprète bien son personnage et le fait évoluer, utilise ses traits, son background, etc...
  • 5 : Interprète très bien son personnage et lui donne une personnalité identifiable qui contribue à en faire un personnage mémorable.
Qualité de jeu en groupe, de 1 à 5 (jeu) :
  • 1 : Ignore ou empêche le groupe de faire évoluer les situations qui sont crées, qu'elles soient utiles au scénario ou non.
  • 2 : Ignorer ou empêche un joueur ou le MJ de faire évoluer les situations qu'il créé.
  • 3 : Joue dans le sens du groupe.
  • 4 : Permet à un autre joueur ou MJ de faire évoluer ou de créer des situations de jeu ensemble.
  • 5 : Permet au groupe de faire évoluer ou de créer des situations de jeu ensemble.
Qualité de forme (qualité) de 1 à 5 :
  • 1 : Fautes de français nombreuses et non respect des conventions d'écriture.
  • 2 : Lecture globalement désagréable ou peu compréhensible.
  • 3 : Qualité correcte.
  • 4 : Bonne qualité d'écriture, inventivité, synthétique ou facilement compréhensible.
  • 5 : Très bonne qualité d'écriture, style propre.
Podness Ragnyss
Podness Ragnyss

Podness raffermi sa prise sur le pelage de Pactol tout en inspirant profondément. Autour de lui, le paysage de Cyrillane s'étendait jusque loin à l'horizon, promesse de quelques jours à l'abri de l'agitation sans fin des villes. Le gnome n'était pas peu fier de sa position, sur le dos du grand chien qu'il avait baptisé quelques semaines plus tôt. Son dressage n'avait pas été de tout repos, mais le résultat en valait la chandelle.

Ces quelques jours à Driskos, quelle aventure mes aïeux !

Comme lorsqu'ils avaient quitté le domaine des Bracque-Croiset suite à l'enlèvement du jeune Timothéos, le petit groupe venait de prendre congé d'Agapios et de ses parents, guidé par l'instinct de Kayla.
Le magicien en herbe mettaient d'ailleurs de plus en plus en doute cet Instinct. L'honnêteté de la melessë n'était certainement pas en cause ! Mais l'absence de toute trace du jeune homme tant recherché faisait tourner ses méninges.

La fine équipe en avait découvert de biens belles sur cette famille ducale. De quoi arranger les affaires de dame Irène, à n'en pas douter. Mais rien qui les aida à trouver Tim ! Etait-il seulement encore vivant ?
Le bilan n'était pas négatif au demeurant, loin de là. Ils avaient aidé un jeune homme totalement perdu à reprendre confiance en lui et à envisager de prendre son destin en main, quel que soit la route qu'il choisirait. Lui même avait bien progressé dans l'apprentissage du Cyrillan, sa compréhension au moins étant presque parfaite et surtout, il avait apprit à Pactol à lui servir de monture !

Concernant ses recherches sur les instincts de la barde, en collaboration avec Lyvin, c'était un échec. Il n'avait pas encore les connaissances suffisante pour en être totalement sûr, mais leur étude ne révélait aucune trace d'un enchantement ou d'une influence magique extérieure comme il l'avait cru. Si Kayla avait été hypnotisée, elle n'en montrait aucun signe non plus.

Comment expliquer ce phénomène si... brutal, sinon ? continuait-il de penser sur la route du Sud.

Podness ne lâcherait rien, pas tant qu'il n'aurait pas trouvé une explication rationnelle, magique ou non, pour la boussole Kayla ! En attendant, s'ils pouvaient retrouver Tim, ou ne seraient-ce qu'une piste sur les disparitions dans la région... le gnome se sentirait moins frustré !

Edition 10/03/2021 22h10 par FroloX
10/03/2021 08h20
Kayla Fal'San'In
Kayla Fal'San'In

Le chemin vers Pëllumbas était morne. Aussi fort l'aurait-elle souhaité que Kayla n'aurait probablement pas pu élever le moral de leur petite troupe et, dans un premier temps, elle n'en avait même pas eu envie. Depuis qu'ils avaient envoyé leur rapport à Irène, elle était d'une humeur massacrante. Entre les cauchemars, les inquiétudes, les voix et la méfiance croissante qui s'insinuait dans son esprit, la melessë n'avait pas affiché les aspects les plus charmants de sa personnalité. Si elle n'était pas ouvertement agressive, elle s'était montrée boudeuse et peu loquace, dans un premier temps et tout particulièrement envers Brindja et Sallavïn. Ce n'est qu'au bout de quelques jours que la barde recommença à chanter sans s'éloigner des trois êtres elfiques, peut-être aussi à cause des rumeurs, de plus en plus nombreuse, de disparitions qui inquiétaient le groupe. Kayla avait du mal à ne pas manifester davantage sa frustration de ne pouvoir rien faire de plus. Il était assez évident, au moins pour Podness, avec qui elle parlait plus ouvertement, qu'elle avait cessé d'exprimer franchement son opinion à leurs trois autres compagnons. Pour eux, elle se contentait d'être une boussole et une musicienne.

La monotonie de leur périple fut rompue par une irruption hirsute et inopinée, dans une auberge au bord du chemin. Il fallut plusieurs longues secondes pour que Kayla reconnaisse la voix, puis le visage de la femme qui avait appelé à l'aide, puis avait foncé sur eux, sur Podness en particulier. La peintre, c'était la peintre qui se trouvait avec eux à Antykira ! Aussitôt, la melessë s'était levée pour inviter la demoiselle à s'asseoir avec eux, puis avait entonné un chant pour nettoyer et réparer les loques qu'étaient devenus les vêtements de la jeune femme. La pauvre était dans un tel état... Frantziska, le nom lui était familier... N'était-ce pas la paladine qui avait battu Sallavïn durant le tournoi de la duchesse ? D'un geste et d'une voix claire, elle demanda un plat chaud et de l'eau pour leur invitée paniquée, puis s'asseyant à ses côtés, elle reprit avec douceur :

- Reprenez votre souffle, nous vous écoutons, que s'est-il passé ?
___________________________________________________

Son visage était lasse, ses yeux rougis de fatigue et son dos fourbu. Leur empressement à agir et les efforts de la jeune peintre n'avaient pas suffit. Les voilà donc, une fois de plus à jouer les Cassandre auprès d'un duc méfiant à la tête d'un territoire qui ne se relevait pas vraiment encore de la guerre, laissant habitants et nobles terrifiés d'en voir une prochaine se profiler dans le lointain.

Elle n'intervint pas, cette fois, attendit que Pod ait traduit parfaitement sa propre frustration et laissa même quelques secondes supplémentaires pour qui aurait bien voulu lui épargner de demander ce qu'on allait encore leur refuser. Mais personne ne lui fit ce plaisir, alors elle avança d'un pas :

- Monseigneur, je vous prie d'excuser l'emportement de mon ami. Ce fut difficile, pour nous, de voir ce convoi nous échapper si près du but... Nous avons le sentiment de poursuivre des mirages depuis des jours.

Elle prit une inspiration et poursuivit :

- Nous venons d'Antykira, où nous avons été l'équipe de précepteurs du jeune Timotheos Bracque-Croiset. Malheureusement il a disparu soudainement et la duchesse nous a envoyé le chercher en dehors de ses terres.

D'un geste, elle fit signe à Sallavïn de remettre la lettre d'Irène au jeune duc.

- La piste que nous suivons nous a mené jusqu'ici, mais nous ne savons toujours pas où il se trouve exactement. Nous espérions que vous puissiez nous aider à mener l'enquête dans votre duché. Avec votre patronage, je suis sûre que nous ne resterons pas ici longtemps.

Un sourire poli éclairait son visage. Si on lui hurlait encore de sortir d'ici, au moins recevrait-elle le message avec élégance.
___________________________________________________

Indubitablement, leur groupe commençait à avoir l’habitude d’être jeté dehors par la noblesse locale. Kayla ne pouvait pas dire que les crocs de la honte ne s’enfonçaient plus dans son égo, mais après avoir été trois fois menacées d’être mise à la porte, elle ne se sentit guère surprise lorsque cela finit par arriver pour de bon. Que cela vint d’un seigneur comme Artemios était, en revanche, plus étrange à ses yeux. Elle aurait cru qu’un duc aussi jeune et issu du petit peuple aurait eu plus de compassion pour les malheurs de ce dernier, mais apparemment non. Une telle réaction laissa la melessë perplexe. Pourquoi refusait-il leur aide ? C’était à n’y rien comprendre et elle sentait la même frustration chez ses compagnons, au moins chez Podness et Sallavïn, sans parler de la peintre… La pauvre était morte d’inquiétude, rongée par le remords d’avoir abandonné sa courageuse compagne. Kayla était néanmoins contente que leur groupe accueille une nouvelle présence féminine et une artiste, qui plus est.

Il ne leur restait plus qu’à mener l’enquête, par leurs propres moyens. S’ils étaient restés relativement statique à Driskos, cette fois, ils bougèrent bien plus ; à la fois pour collecter et recouper différentes informations, mais aussi pour garder les navires à l’œil. Kayla profita de chaque bibliothèque, en compagnie de Podness et Lyvin, pour étudier davantage à ses cauchemars, ses voix, mais également d’autres choses. La musicienne avait quelques idées en tête : elle voulait s’intéresser à Irène, à sa lignée et à son histoire avant la guerre. Plus discrètement, elle essaya aussi d’en apprendre davantage sur chacun de ses compagnons. D’où venaient-ils ? Que faisaient-ils avant leur rencontre ? Pourquoi avoir voulu enseigner à Timotheos ? Qu’espéraient-ils accomplir au travers de cette épopée désespérée au travers d’un pays en ruine, à la recherche du garçon ?

Ce n’étaient pas des questions particulièrement indiscrètes ou étranges et elle n’hésitait pas à répondre si on les lui renvoyait : elle venait d’Ellerìna où elle exerçait en tant que barde, avec son grand-père et où elle assistait parfois sa mère, prêtresse ; elle avait voulu voir du monde et, en chemin, avait eu vent du concours de dame Irène, alors elle y était allée. La suite ils la connaissaient comme elle : des voix, des prémonitions, la sensation de devoir les suivre. Kayla n’essaya même pas de cacher ses « petites particularités » à leur nouvelle allier ; quitte à passer pour une folle, autant ne pas faire dans les cachoteries.

Les petites discussions qu’elle essayait d’avoir avec chacun de ses compagnons avaient deux buts. Elle voulait à la fois mieux connaître les 5 personnes avec qui elle voyageait et aussi comprendre ce que cherchait la duchesse d’Antykira en confiant les recherches de son fils à des quasi inconnus. Pourquoi pas des serviteurs qu’elle connaissait de plus longue date, des personnes familières de l’Histoire du pays, moins maladroits, moins novices ? Cette mission était louche et la méfiance tendait son esprit comme la corde dissonante d’une lyre.

Cela n’était pas aidé par la récurrence de ses cauchemars. Plus ils s’éloignaient de la demeure du duc et plus ils étaient vifs, réels, déchirant ses nuits en fragments tourmentés. Les réveils en larmes et les gémissements nocturnes n’étaient pas rares. Difficiles de savoir ce que pensait les autres, ils avaient l’air inquiet, mais pour différentes raisons. Avec ces songes vinrent d’autres mots en Radichân, l’étrange langue ancienne : « dostavi'mé » et « jas'sum'zatvorenik », « délivre-moi » et « je suis prisonnier ». Dans leurs recherches de linguistique, ils en apprirent plus sur cette civilisation, des légendes et des chansons contant des histoires de dragons des mers, de dieux antiques et oubliés ; d'une femme, aussi, bravant la volonté familiale en refusant de se marier, elle aurait revêtu l'armure en se faisant passer pour un homme et se serait élevée au rang de général ; d'un sorcier puissant, tuant son un dieu pour accéder à l'immortalité ; puis, la plus intéressante : la légende d'un lion doué de parole, qui fut révéré comme une divinité animale, pour le clan sur lequel il veillait. Un sorcier immortel, des dragons (de bronze ?) des mers, une femme guerrière et un lion, comme Irène, descendante draconique, et l’emblème léonin qu’ils portaient au cou.

A propos de cette dernière elle n’apprit pas grand-chose. Seulement son surnom « Irène la terrible » et bien plus sur feu son époux. Un guerrier bon vivant, aimant les objets brillants (il était fait mention d’une bague, en particulier) et respecté de tous, y compris de sa femme, bien qu’il fût la cause de la mort de sa famille, en partie.

Quant à ses compagnons elle apprit les origines de Brindja : ancienne guerrière lunaire ayant fait le vœu d’aider sa communauté elfique en Arolavie, elle voyage désormais, en chasse du Chancre. Pas étonnant qu’elle fût aussi loyale envers sa nouvelle patronne. Malgré l’attitude laconique et peu bavarde du grand fauve roux, ces informations et la transparence de sa compagne aidèrent Kayla à lui pardonner sa rigidité quant aux informations qu’ils avaient transmis à Irène. Sur la peintre, peu de chose : voyageuse, elle venait de la Cité-France qu’elle avait fui pour échapper à un prétendant non-désiré et se consacrer toute entière à son art.

Edition 24/03/2021 23h29 par Elindine
24/03/2021 23h28
Sallavïn Tamrel
Sallavïn Tamrel

Se faire chasser par la noblesse devenait une forme de récompense : la preuve qu'ils savaient garder leur intégrité et ne se courbaient plus en politesses courtisanes. Le poing serré, Sallavïn se garda de tout commentaire quant ils sortirent de l'antichambre de l'incompétence.

Il fit de son mieux pour se montrer utile dans leur errance sur les routes du royaume : guettant la sécurité des routes, cherchant la nourriture où il pouvait, trouvant des chemins supportables pour leurs montures, prêtant Gourmand autant que possible à la peintre qui avait décidé de se joindre à leurs recherche... Chacun faisait son possible mais le melësse savait combien leurs fesses devaient être douloureuses, leurs dos raidis, leurs estomacs mécontents et leur santé fragilisée.
Sachant combien un moral miné peut venir à bout de la meilleure armure, Sallavïn se montra égal à lui même : discutant librement quand on lui demandait, s'enthousiasmant de la cuisson des viandes et souriant chaque fois qu'un rai de lumière marquait la fin d'une averse. Inspirer l'espoir : voilà une mission chevaleresque au milieu d'une équipée en proie à tant de doutes ! La thaumaturgie pouvait venir à bout de n'importe quelle quinte de toux, cheville foulée ou coupure mal soignée et le blondin se chargea de soulager les maux de tous, y compris de leurs montures, soir après soir.

Il essaya également de dénicher des gens prêts à les aider dans leur quête, par la volonté des dieux. Il était difficile de trouver des informations leur donnant une direction fiable, mais au moins... Le peuple avait des choses à dire, dessinant un peu mieux les contours du duché : le décès prématuré d'un père propulsant un duc trop jeune sur une chaise trop large, recouverte de l'ombre d'une mère à l'esprit malade. Et une rumeur de frère, soumis à d'autres maux invisibles...

Une nuit, enfin, ils obtinrent des réponses. Artemios était la digne descendance d'une folle et d'un homme mort étouffé par un grain de raisin ! Sallavïn maîtrisa sa rage du mieux possible, bouillant intérieurement pendant que le merossis leur racontait sa version de la vérité. Est-ce qu'il mentait ? Peut être pas... Il était difficile de prendre du recul dans le feu de l'action, mais le chevalier refusait d'en rester là pour cette nuit.

-Il nous faut des preuves. Nous devons trouver des traces de cet accord pour détrôner Artemios. Et on ne peut pas laisser ce bateau mouiller tranquillement au large.

28/03/2021 11h29
Kayla Fal'San'In
Kayla Fal'San'In

Indubitablement, leur groupe commençait à avoir l’habitude d’être jeté dehors par la noblesse locale. Kayla ne pouvait pas dire que les crocs de la honte ne s’enfonçaient plus dans son égo, mais après avoir été trois fois menacées d’être mise à la porte, elle ne se sentit guère surprise lorsque cela finit par arriver pour de bon. Que cela vint d’un seigneur comme Artemios était, en revanche, plus étrange à ses yeux. Elle aurait cru qu’un duc aussi jeune et issu du petit peuple aurait eu plus de compassion pour les malheurs de ce dernier, mais apparemment non. Une telle réaction laissa la melessë perplexe. Pourquoi refusait-il leur aide ? C’était à n’y rien comprendre et elle sentait la même frustration chez ses compagnons, au moins chez Podness et Sallavïn, sans parler de la peintre… La pauvre était morte d’inquiétude, rongée par le remords d’avoir abandonné sa courageuse compagne. Kayla était néanmoins contente que leur groupe accueille une nouvelle présence féminine et une artiste, qui plus est.

Il ne leur restait plus qu’à mener l’enquête, par leurs propres moyens. S’ils étaient restés relativement statique à Driskos, cette fois, ils bougèrent bien plus ; à la fois pour collecter et recouper différentes informations, mais aussi pour garder les navires à l’œil. Kayla profita de chaque bibliothèque, en compagnie de Podness et Lyvin, pour étudier davantage à ses cauchemars, ses voix, mais également d’autres choses. La musicienne avait quelques idées en tête : elle voulait s’intéresser à Irène, à sa lignée et à son histoire avant la guerre. Plus discrètement, elle essaya aussi d’en apprendre davantage sur chacun de ses compagnons. D’où venaient-ils ? Que faisaient-ils avant leur rencontre ? Pourquoi avoir voulu enseigner à Timotheos ? Qu’espéraient-ils accomplir au travers de cette épopée désespérée au travers d’un pays en ruine, à la recherche du garçon ?

Ce n’étaient pas des questions particulièrement indiscrètes ou étranges et elle n’hésitait pas à répondre si on les lui renvoyait : elle venait d’Ellerìna où elle exerçait en tant que barde, avec son grand-père et où elle assistait parfois sa mère, prêtresse ; elle avait voulu voir du monde et, en chemin, avait eu vent du concours de dame Irène, alors elle y était allée. La suite ils la connaissaient comme elle : des voix, des prémonitions, la sensation de devoir les suivre. Kayla n’essaya même pas de cacher ses « petites particularités » à leur nouvelle allier ; quitte à passer pour une folle, autant ne pas faire dans les cachoteries.

Les petites discussions qu’elle essayait d’avoir avec chacun de ses compagnons avaient deux buts. Elle voulait à la fois mieux connaître les 5 personnes avec qui elle voyageait et aussi comprendre ce que cherchait la duchesse d’Antykira en confiant les recherches de son fils à des quasi inconnus. Pourquoi pas des serviteurs qu’elle connaissait de plus longue date, des personnes familières de l’Histoire du pays, moins maladroits, moins novices ? Cette mission était louche et la méfiance tendait son esprit comme la corde dissonante d’une lyre.

Cela n’était pas aidé par la récurrence de ses cauchemars. Plus ils s’éloignaient de la demeure du duc et plus ils étaient vifs, réels, déchirant ses nuits en fragments tourmentés. Les réveils en larmes et les gémissements nocturnes n’étaient pas rares. Difficiles de savoir ce que pensait les autres, ils avaient l’air inquiet, mais pour différentes raisons. Avec ces songes vinrent d’autres mots en Radichân, l’étrange langue ancienne : « dostavi'mé » et « jas'sum'zatvorenik », « délivre-moi » et « je suis prisonnier ». Dans leurs recherches de linguistique, ils en apprirent plus sur cette civilisation, des légendes et des chansons contant des histoires de dragons des mers, de dieux antiques et oubliés ; d'une femme, aussi, bravant la volonté familiale en refusant de se marier, elle aurait revêtu l'armure en se faisant passer pour un homme et se serait élevée au rang de général ; d'un sorcier puissant, tuant son un dieu pour accéder à l'immortalité ; puis, la plus intéressante : la légende d'un lion doué de parole, qui fut révéré comme une divinité animale, pour le clan sur lequel il veillait. Un sorcier immortel, des dragons (de bronze ?) des mers, une femme guerrière et un lion, comme Irène, descendante draconique, et l’emblème léonin qu’ils portaient au cou.

A propos de cette dernière elle n’apprit pas grand-chose. Seulement son surnom « Irène la terrible » et bien plus sur feu son époux. Un guerrier bon vivant, aimant les objets brillants (il était fait mention d’une bague, en particulier) et respecté de tous, y compris de sa femme, bien qu’il fût la cause de la mort de sa famille, en partie.

Quant à ses compagnons elle apprit les origines de Brindja : ancienne guerrière lunaire ayant fait le vœu d’aider sa communauté elfique en Arolavie, elle voyage désormais, en chasse du Chancre. Pas étonnant qu’elle fût aussi loyale envers sa nouvelle patronne. Malgré l’attitude laconique et peu bavarde du grand fauve roux, ces informations et la transparence de sa compagne aidèrent Kayla à lui pardonner sa rigidité quant aux informations qu’ils avaient transmis à Irène. Sur la peintre, peu de chose : voyageuse, elle venait de la Cité-France qu’elle avait fui pour échapper à un prétendant non-désiré et se consacrer toute entière à son art.

A force d’enquête et de surveillance des bateaux au large, ils finirent par trouver l’occasion parfaite : un petit canot qu’ils pourraient surprendre une fois échoué sur une plage. Fort de ce plan, ils parvinrent à isoler, puis à maitriser un jeune orc revêche, puis à tenter de le faire parler. Kayla n’avait jamais rencontré cette espèce, mais sa curiosité et son amabilité coutumière firent rapidement place à une forme d’exaspération de moins en moins maitrisable. Puis, quand leur prisonnier parla enfin, l’exaspération fit place à la surprise, puis au dégout et enfin, son visage blêmit devant les dernières assertions de leur captif. Comment pouvait-on être un tel pleutre ? Comment un noble, comment qui que ce soit puisse s’abaisser à de telles actions ? Trahir ainsi son peuple, tromper qui que ce soit de la sorte… Kayla n’avait qu’une seule envie : retourner à la demeure ducale pour mettre cet immonde personnage hors d’état de nuire et hors d’état d’espérer un jour une descendance porteuse de son engeance.

- Qu’est-ce que c’est que cet empire ? Trois duchés que nous traversons, trois régions gouvernées par des mensonges et rien que nous puissions faire ! rugit-elle.
« Oh, celui-ci, ce duc-là, il est hors de question de le laisser mener ses petites affaires répugnantes un jour de plus !

Kayla bouillait intérieurement, sa colère et sa frustration clairement visible sur son visage et dans la nervosité de ses allers-retours frénétique. Elle n’arrivait pas à se calmer, ni vraiment à réfléchir et, franchement, elle n’essayait même plus. Elle allait des chevaux à d’autres points autour de leurs petits groupes, avec l’air des personnes qui s’apprêtent à prendre des décisions inconsidérées.

28/03/2021 12h34
Lyvin Veronis
Lyvin Veronis

Lyvin resta presque interdit devant ce soudain revirement de situation. Ou pour être plus précis, il ne se serait jamais attendu à ce que le duc les chassent ainsi de son domaine.
Ce dernier ne semblait faire montre d'absolument aucun sentiment ni empathie quand à la requête qu'ils lui avait soumise ni même à ce qu'il se passait sur ses terres.
Si jeune et pourtant si désintéressé.....

Lyvin chercha un instant dans les yeux où sur les visages de ses compagnons un signe ou quoi que ce soit qui lui aurait permit de penser que les choses n'en resterait pas là. Qu'ils n'allaient pas se laisser jeter ainsi dehors sans rien dire.....
Mais il ne perçu rien. Rien que de la surprise et de la honte mêlée de résignation.
Après tout se dit il, qu'auraient ils bien pu faire ? Il était duc en ses terres et eux, rien en comparaison de cela.
Ils avaient donc quitté la demeure du duc, la tête basse et les poings serrés en compagnie de la jeune artiste qui les accompagnait.

La présence de la jeune femme n'était d'ailleurs pas faite pour lui faire plus plaisir que cela. Il était certes bien content de lui venir en aide même s'il ne la connaissait que très peu, mais cette nouvelle présence féminine parmi eux n'était pas pour le mettre plus à l'aise vis à vis de la gente féminine déjà présente et cela même si cette dernière n'était pas vraiment enclin à vraiment faire connaissance avec eux.

Mais loin de se laisser abattre, le groupe avait décidé de poursuivre ses investigations par eux même, et ce malgré les propos du duc.
Ainsi donc, durant plusieurs jours ils parcoururent les routes du duché afin d'obtenir des informations, des rumeurs et tout ce qu'ils pourraient apprendre qui leur serait un tant soit peu utile.
Lyvin ne se montra pas vraiment utile à ses compagnons durant cette chasse aux informations tant il était toujours aussi peu à l'aise à parler aux gens et encore moins à leur donner envie de lui parler.
Heureusement que parmi ses compagnons d'autres étaient visiblement plus à l'aise avec ce genre d'exercice.
Afin de ne pas se sentir totalement inutile, il se contenta donc d'observer, d'écouter, de prendre quelques notes et au besoin de jouer les traducteurs.
C'était le mieux qu'il puisse faire ou lorsqu'il se joignait à Kayla et Pod pour des sessions de travaux de recherche dans les quelques bibliothèques du duché.

Ces quelques semaines furent aussi l'occasion de discuter et d'en apprendre un peu plus sur ses compagnons.
Certes les semaines de voyages écoulées leur avait déjà permis de mieux se connaître même si Lyvin s'efforçait toujours de garder une certaine distance surtout avec Brindja et encore plus Kayla, mais il s'ouvrit tout de même un peu plus sans pour autant verser dans ce ce que l'on pourrait qualifier de franche camaraderie.
Il se laissa à quelques occasions à parler un peu plus de sa jeunesse et de ses parents sans pour autant entrer dans les détails de leurs relations compliqués.
Il préférait surtout évoquer son maître et les heureuses années passées en sa compagnie, à l'assister dans ses travaux ainsi que la passion que ce dernier lui transmi dans le domaine de l'étude et de la recherche notamment en alchimie et herboristerie avant le le recommander pour le poste de précepteur du jeune Malgré tout ceci, ni lui ni aucun des autres ne semblait avoir oublié leur mission première: Retrouver le fils d'Irène.

Mais plus les jours passaient et plus il se posait des questions au sujet de la dite mission.
Pourquoi la duchesse avait elle choisi de s'en remettre à eux ?
Pourquoi après toutes ses semaines ne semblait elle pas avoir lancé d'autres personnes à la recherche de son fils ?
Pourquoi Brindja, fidèle et loyale à la duchesse les laissaient elle ainsi se laisser distraire à autre chose que leur mission?

Toutes ces questions ne cessaient de tourner en boucle dans sa tête sans trouver le début d'une réelle logique.

Au fil des semaines, Kayla semblait comme à son habitude tantôt normale si tant est que ce qualifiquatif puisse lui être donné, tantôt comme possédée par un esprit tourmenteur.
Mais impossible d'en tirer le moindre début d'explication un tant soi peu rationel.
Comment cette jeune femme de rien, sans rien de particulier et même assez banale avait pu se retrouver avec de telles visions et ces voix en une langue depuis longtemps perdue.

Lyvin se laissait parfois aller à la mélancolie ne trouvant pas de réponses à ce déferlement de questions sans réponse.
Mais il était homme de science et il savait que les réponses ne tombaient pas toujours du ciel en un claquement de doigt.
Le temps, la persévérance, la patience et l'observation étaient les meilleures armes de l'erudit.
Ainsi, quand les choses se bousculaient de trop dans sa tête, il faisait en sorte de se purger l'esprit par l'entraînement au bouclier où l'étude de la magie ce qui lui permettait dans le même temps de se rapprocher un peu de Pod et Sallavin.

30/03/2021 23h07